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assistante maternelle aux gens de la terre

Petits Conseils sans prétention (Vidéo3)

GARE AUX FACTEURS EXTERIEURS!

Durant ma journée de travail, tout ce qui vient de "dehors" est une intrusion, un surgissement, un élément étranger, un dérèglement, une perturbation, une gêne, un encombrement, un inattendu, une surprise...

Qu'il s'agisse d'un appel téléphonique, de porte-à-porte, d'un collégien aimant ma sonnette, du mari qui débarque à l'improviste, de la collègue qui passe dire "bonjour", de la voisine qui a besoin de farine, de mon enfant qui rentre plus tôt de l'école, d'un releveur EDF, d'un parent qui passe avant l'heure, d'un agent d'entretien taillant tous les arbres de la rue à la tronçonneuse...il faut toujours être prête à tout en toute circonstances!!

La Prérogative est de maintenir le rythme de la journée qui s'écoule avec les enfants et réduire au maximum l'impact de l'intrusion.

Chaque matin, l'enfant accueilli fait l'effort de la séparation d'avec ses parents et fait le second effort de s'adapter à son assistante maternelle, sa maison et ses règles. Sacré boulot. Et il n'est que 7h30 du matin! L'enfant joue, pleure, apprend, écoute, ritualise, subit, partage. Il se fatigue. Il s'active. Il s'affame. Il s'énerve. Il se calme. Il dort. Il mange. Mais il attend...toujours...le retour du Jedi (!) euh...de ses parents. Donc, l'enfant doit faire l'énorme effort de faire confiance à l'unique personne susceptible de lui venir en aide et d'assurer sa survie. Sacré boulot là aussi!   

"Merci Petit amour, car je sais que si tu as assez confiance en toi et tes parents, tu vas essayer de me faire confiance"

Ma Prérogative est de maintenir la sérénité, la régularité, une ambiance en corrélation avec l'instant que vit l'enfant.

Si c'est le moment d'écouter de la musique à fond les ballons, on a le droit de faire les zozos! On forme un groupe, on s'allie, on se touche, on se course, on saute, on danse, on chante. On n'est pas obligé, mais si on a envie, c'est maintenant!

Si c'est le moment de digérer après avoir mangé, on se prépare au calme avant d'aller faire la sieste. On parle calmement, doucement, on chuchote même. On ralentit les mouvements. On se dissocie progressivement les uns des autres. (Enfin ça, c'est mon boulot. Je surveille l'heure qu'il est, je dissocie les enfants pour sortir de l'effet de groupe et je les ré-individualise, en fonction de leur âge. Certains sont capables de le faire selon leur besoin ou se sont bien adaptés à ces rythmes instaurés.) Il en est de même à la fin de la sieste. J'utilise ce que j'ai remarqué de la personnalité de chacun pour individualiser le réveil. A chacun son petit mot, son petit surnom, son petit geste. A chacun sa manière d'être changé puis rhabillé. On reforme un groupe pour le goûter, pour une activité. On se re-individualise quand je sens que c'est nécessaire ou quand les parents vont arriver. Si les enfants sont encore dans le "collectif" (le jouer ensemble) à l'arrivée des parents...les difficultés se présentent. Les enfants ne veulent pas mettre leur manteau. Ils sont tiraillés (retrouver ses parents/quitter ses copains). Parfois, je laisse le groupe exister jusqu'à l'arrivée des parents car j'espère toujours que les parents seront heureux de voir leur enfant mener leur petite Vie ici.). Mais, je sais que je vais savoir gérer ce choix. 

Ma prérogative est de gérer les intrusions (les inattendus). Je peux atténuer, limiter, écourter, ignorer, absorber l'intrusion ...! Mais pour cela, je dois être alerte, réactive. Je me suis fabriqué des automatismes (Par exemple: regrouper les enfants autour de moi...comme une poule avec ses petits!) Ca rassure les enfants. Ca fait groupe face à l'adversité! Et de fait, je gère le groupe d'enfants, car un enfant qui se sent lâché trop tôt au moment d'une intrusion est désorienté. Le pur exemple est l'enfant qui court dans les jambes de son assistante maternelle à l'arrivée de sa maman si il n'est pas préparé. Le second exemple, ça peut être l'enfant qui est scotché à moi parce- que la voisine qui est entrée est une inconnue, elle a une tête bizarre et  en plus elle dit des trucs qui n'ont rien à voir avec nous! Le troisième exemple peut être des bruits très sonores dans la rue. L'enfant est interpellé, curieux mais soucieux, il veut voir par la fenêtre mais pas sans Lili, on ne sait jamais, ça pourrait être un gros dinosaure!

Absorber l'intrusion, c'est surtout Aider l'enfant à l'absorber, à digérer la petite perturbation, parce-que c'est justement un enfant. Pour les adultes, une petite perturbation ne représente pas grand chose émotionnellement. C'est habituel. Nous avons une trentaines d'années derrières nous de micro-perturbations! Même pas mal!... Mais quand on a déjà vécu un repas avec 4 enfants et un mouche intrusive qui vole au-dessus des assiettes (!) ça peut vite déraper!!!

Après une perturbation, il faut aider les enfants à restaurer leur état intérieur et relancer la dynamique de vie. C'est détourner l'attention, faire des guillis, accentuer la perturbation (Au loup!), câliner, parler, expliquer, juste "être là"...Voilà!

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