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assistante maternelle aux gens de la terre

Patience ou Patiente

"Ce qu'on est obligé de supporter, on peut tout aussi bien apprendre à l'aimer" Katarina MAZETTI

Quand j'avais 20 ans, ma patience... était... ailleurs que pour les bébés pleureurs et les mamans au 7ème ciel !! 

Quand j'avais 30 ans + un enfant, ma patience s'est affinée ! En parallèle, j' accompagnais des jeunes instables et déstabilisants ! Expérience très formatrice concernant le travail sur la Patience. L'idée est de comprendre que la Patience peut s'apprendre, évoluer et être mobilisable au moment voulu. Evidemment que je ne suis ni une Sage ni la Perfection (mince!). Je ne peux pas prétendre être LA Patience en personne et tolérer la totalité des travers de l'Univers...Mais on peut apprendre à se modérer, apprendre à attendre et apprendre à être patient avec soi-même aussi...

A l'aube de mes 40 ans,  je travaillais toujours cette "qualité" sans atteindre la perfection cela va de soi. Et puis j'entame la "fameuse" formation initiale des assistantes maternelles. Au terme de la première journée, je tombe très malade (bizarre!). Je commence à travailler en tant qu'assmat quand même. Très motivée. Hospitalisations/Opérations. Je frôle le départ vers d'autres cieux ! Je reprends le boulot très vite comme si l'enfance (ma fille et les enfants des autres) me rappelaient la puissance de la Vie. Une joie immense de retrouver ces enfants joyeux et insouciants. Une joie puissante de voir la confiance des parents malgré mes faiblesses physiques. Un sentiment étrange de voir ces parents me "donner" leurs enfants le temps de la journée comme pour me soigner. Là, je fais pleurer tout le monde normalement!! Et moi aussi, encore, en l'écrivant.

Bref. Tout cela pour dire qu'un événement dans l'existence est un moment d'apprentissage. Chez l'assistante maternelle, chaque moment est une leçon, pour elle et pour les enfants. Un proverbe bouddhiste dit: "Quand l'élève est prêt, le maître apparaît". Voilà. Si un problème apparaît (maladie ou enfant "pénible"!) c'est qu'un apprentissage se présente à nous. Est-ce que je décide d'accepter l'offre ou pas? Si je suis prête, j'y vais, au lieu de perdre de l'énergie à essayer de l'éviter.

Si un enfant terrible influence ma modeste Patience, j'arrête tout. J'arrête. J'arrête de bouger, j'arrête d'entendre. Je regarde et j'écoute ce que "ça" me dit.Et surtout je ne sur-agis pas.  Cet exercice s'apprend vite quand on s'astreint à le faire plusieurs fois de suite. Finalement ce n'est pas l'enfant qui joue sur ma Patience...C'est le Terrible. L'enfant n' est pas terrible en lui-même. C'est ce qu'il fait qui est pénible (gigoter, s'énerver, geindre, pleurer, renifler, s'opposer, crier, mal parler, asticoter le copain, jeter les jouets, taper...).Le Terrible me donne une terrible migraine, m'énerve, me stress, m'angoisse, me fatigue. Mais comme je ne sur-agis pas, je n'agis pas immédiatement sous le coup de l'émotion et de l'énervement, je ne m'en prends pas à la personne, à l'enfant. Je ne vide pas mon niveau énergétique.

 S'en prendre à l'action Terrible plutôt qu'à la personne-enfant, c'est déjà une sacrée avancée. Cela évite d'agir sous le coup d'une émotion négative et de malmener, voire maltraiter l'enfant, qui est lui aussi visiblement face à un problème perso!

Je visualise dans ma tête des panneaux de signalisation: STOP?, INTERDICTION?, DANGER?

Si le comportement de l'enfant ne répond à aucune de ces nécessités, je ne fais rien.

Si le comportement de l'enfant nécessite une action d'arrêt, j'ai appris que je n'allais pas agir sur l'enfant mais sur ce qu'il fait. Je prends le temps d'agir. Je m'approche de l'enfant. Je me mets à son niveau. Je le regarde et j'attends qu'il en face autant. Je fais mon visage mécontent et je parle (sûre de mon coup):  "Stop. Est-ce que tu entends que ta bouche crie très fort? Ca me fait très mal aux oreilles et Ca réveille le bébé qui dort. Veux-tu aller crier dehors?". "Stop. On ne jette pas la nourriture par terre. Je retire l'assiette. Tu réfléchis et je te redemande tout à l'heure si tu veux continuer le repas avec nous...".

Franchement...ça marche !!! Alors ça ne vaut pas le coup de s'énerver. Ce qui est intéressant et drôle, c'est que l'enfant, avec ses gros sabots, va tenter de revérifier si vous tenez le même discours demain. Il montre aussi qu'il est en confiance (il sait qu'il ne va pas se prendre une tarte en recommençant) et il montre qu'il est ok pour apprendre ce truc. En 8 jours, l'affaire est totalement réglée. Patience !!...

Qu'est-ce qu'on veut? Etre patient* ou apprendre la Patience? Moi, c'est réponse 2 !

Quand j'aurai 50 ans...

* Un patient est une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.

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