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assistante maternelle aux gens de la terre

Conférence Philippe Duverger

Philippe Duverger est pédopsychiatre, chef du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent au CHU d’Angers, professeur des universités.

Conférence du 29 novembre 2016, 36ème Rendez-vous de la CAF, intitulée: "Parents sous pression: Comment réussir l'éducation de ses enfants?"

Voici le résumé de ce qui m'a intéressé:

Constat 1: Les parents d'aujourd'hui demandent plus facilement à consulter un pédopsychiatre que les parents d'hier...

Constat 2: Les parents "demandeurs" sont plutôt des parents désorientés par des questions éducatives plutôt que des questions de santé mentale...

Constat 3: Il y a toujours énormément d'enfants maltraités en France. 450 enfants (maltraités) par an passent par l'Unité de Pédopsychiatrie de Angers (250 000 hab).

Constat 4: Les parents maltraitants ne sont pas les parents les plus demandeurs de soutien...

La Rencontre Parents/pédopsychiatre : Quand les parents viennent voir un pédopsy, ils viennent avec un problème porté par leur enfant. Il faut travailler avec les parents, SANS jugement, et chercher la teneur du problème. 

L'absence de jugement est obligatoire.

S'abstenir de tout jugement c'est se dire qu'il n'y a pas de "mauvais" parent et qu'il y a possibilité d'apporter un soin. Plutôt que de chercher le "bon" parent, on va chercher où se situe la fragilité, la défaillance ou la maltraitance dans l'acte éducatif. Parce-que chaque famille est différente, chaque parent a des repères éducatifs variables. Par exemple, des parents-copains ayant un lien de séduction avec leur enfant, ne sont pas jugés maltraitants, mais leur relation éducative, basée sur la séduction, peut être défaillante pour le bien-être de l'enfant. Les mères fusionnelles ont des comportements désastreux pour leur enfant.

L'inquiétude du Professionnel: Que va faire ce bébé avec ces parents là ?

La Famille: L'enfant est un élément fondateur d'une famille qui se construit. On sait quand on en fait partie. Il y a des mythes ou des traditions familiales qui se transmettent d'une génération à l'autre. Quand l'enfant rentre dans le Roman familial, tout semble aller...Si l'enfant n'adhère pas au mythe familial? l'enfant devient un "problème" qui bouscule le système établi, et peut devenir sujet de mauvais traitement. 

La "Parentalité" désigne les fonctions parentales, la manière d'être parent. Cela n'a rien à voir avec la parenté et le lien biologique du parent à l'enfant. La parentalité désigne donc l'exercice de la parentalité, le fait de faire l'expérience de la parentalité (être parent est comme une évidence, inné) et la pratique de la parentalité (laquelle concerne le quotidien, les besoins, la partie que l'on cède à l'adulte qui s'occupe de l'enfant en l'absence des parents, la capacité à faire "parent" de substitution, pour l'assistante maternelle par exemple). 

Le Sentiment d'Appartenance: L'enfant a besoin d'appartenance. Il construit son sentiment d'appartenance au fil du temps. Se construire une appartenance est un travail psychique. C'est se construire une filiation (biologique, symbolique, narcissique). Pour se construire une filiation, l'enfant trouvent donc des solutions, mais il a besoin de Savoir, pour faire ses choix de construction: savoir qui sont ses parents biologiques ou adoptifs, savoir qu'il est autorisé à s'identifier à des personnes extérieures à la famille, savoir qu'il existe des modèles de référence, savoir qu'il a le droit de devenir qui il veut...

Des Parents déboussolés:

Les parents ont des doutes et des angoisses. Et le parent qui cherche à être parfait est un parent potentiellement angoissé. Le parent qui essaye d'être"parfait" est une catastrophe pour l'enfant.

Actuellement, la moitié des consultations pédopsy concerne la scolarité de l'enfant. Il y a des parents inquiets et en manque de confiance: "Est-ce que mon enfant va y arriver?". Il y a des parents inquiets, pressant l'enfant aux multi-activités, parce-qu'ils veulent bourrer l'enfant de savoirs. 

Des parents oscillent entre lien de séduction et lien d'autorité. Des parents contractualisent leur lien à l'enfant (si ... tu auras...).

Les parents doivent apprendre à se séparer de l'enfant pour le laisser vivre et faire ses propres choix. La tendance actuelle est de vouloir garder son enfant à la maison, de l'avoir à la maison, d'avoir un oeil dessus, hors des dangers extérieurs, hors de toute influence.

Les parents doivent faire confiance à leur enfant.  La confiance est un sentiment qui se transmet. Donc, le manque de confiance aussi. "Si je fais confiance, je transmet la confiance". Il faut autoriser l'enfant à aller voir ailleurs car on s'épanouie hors du regard des parents. C'est partir pour mieux revenir.

Parfois la relation parents/enfant nécessite la présence d'un tiers pour aider à la séparation.

Aujourd'hui, les parents semblent avoir de grandes difficultés à dire "Non". Et leurs enfants ont du mal à intérioriser les Interdits. Pour aider un enfant à intégrer les interdits, il faut savoir dire "Non"!

Le plus important est la fonction parentale plus que le fait d'être le parent biologique. Le rôle du tiers ou du médecin est de soutenir la fonction parentale, la place de Parent. Ainsi, chez un parent à l'éducation déviante, il s'agira de repérer ses carences (afin de lui en faire prendre conscience) et valoriser ses qualités (afin de le réinstaller dans sa fonction parentale)

En cas de défaut parental: La Prise de Conscience du parent est le seul outil pour qu'un travail commence et que la relation éducative soit bénéfique.

Dans les situations de maltraitance, l'accompagnement vers la prise de conscience de l'acte de maltraitance est la seule solution. Le retrait ou le placement d'un enfant ne suffit pas pour éviter les maltraitances.

Les nouveaux symptômes = les nouvelles violences:

- la relation aux écrans;

- le harcèlement scolaire;

- des enfants dans des états pathologiques extrêmes;

Les Besoins de l'Enfant:

L'enfant a besoin de Continuité et de Cohérence. L'enfant a besoin de sentir qu'il a de la Valeur.  Nous pouvons laisser croire à l'enfant que c'est lui qui a réussi tout, tout seul. Ce qui compte, c'est que l'enfant ait le sentiment d'avoir fait quelque chose de magnifique... (Winnicott)

Être un bon parent semble devenu une véritable injonction contemporaine. Dès que leur enfant se trouve en difficulté, les tensions sont grandes et s’accompagnent, chez les parents, d’un sentiment d’impuissance et d’isolement. L’enfant a peur de les décevoir, eux redoutent d’échouer dans leur fonction. Que faire alors ?

 

Certains se tournent vers le pédopsychiatre, dans l’espoir légitime qu’une solution soit trouvée. C’est ainsi que j’ai la chance de recevoir de nombreux enfants et adolescents mais aussi leurs parents, parfois fragiles ou défaillants, parfois bienveillants mais dépassés ; quelques-uns sont parfaits, d’autres absents ou injustes ; d’autres encore, dangereux… Voire parfois d’impossibles parents ! Et quand ce ne sont pas les parents que je vois, cela peut être des beaux-parents perdus ou des grands-parents inquiets… Il s’agit alors de composer.

 

Mais sait-on ce qu’est un « bon » parent ? Ce n’est pas au pédopsychiatre d’en juger. Être parent est une aventure, peut-être la plus belle de toutes, avec ses embûches, ses impasses, ses joies et ses mystères. Gardons cette part d’énigme ! Alors pas de recettes dans ce livre, ni de bons conseils, mais des histoires d’enfants, de pères et de mères, des histoires de familles où chacun pourra se retrouver. Et une réflexion sur la parentalité qui viendra éclairer et enrichir l’expérience de chacun.

 

Un livre susceptible de donner des idées à tous les parents.

Sortie en Poche, février 2017, sous-titre " Soutenir les parents pour mieux aider les enfants"

Description d'un livre collectif sur le thème de la maladie et l'enfant, la pédopsychiatrie, la psychopathologie.

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