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assistante maternelle aux gens de la terre

"Manger chez LiLi 1" (vidéo)

Le thème du "Manger"

Au cours d'un repas, on ne trouve pas que ce que l'on mange...

Tout d'abord, je laisse la main nourricière naturelle aux parents. La question de "qui s'occupe des repas" est posée dés le début d'un contrat, mais les parents sont plutôt d'accord sur le principe d'attendre les 1 an de leur enfant pour en reparler. Dans sa première année, l'enfant a une dose importante de lait sur la journée. Les parents  transmettent leurs habitudes alimentaires, ils gèrent également les introductions nouvelles, la venue des morceaux dans l'assiette.Etant donné que le pédiatre actuel tend à conseiller la diversification de plus en plus tôt et que je n'adhère pas a cette précocité, je souhaite ne pas y participer. C'est une période pendant laquelle peuvent apparaître de allergies alimentaires, je préfère laisser la responsabilité aux parents. La question des indemnités de repas est suspendue.

Au 1 an de l'enfant, nous reparlons du "qui fait quoi". Soit les parents gardent la main et me fournissent repas et goûter, soit les parents me laissent la main sur un des 2, soit les parents me transmettent la totalité de la responsabilité des repas. Ce sont toujours les parents qui choisissent. De mon côté j'accepte de cuisiner et de suivre quelques unes de leurs directives. Par exemple: pas de Nutella, légumes prioritaires, favoriser des plats faits maison plutôt que du conditionné...

On échange sur leurs demandes de parents et mes possibilités organisationnelles d'assmat. Comme dans toute famille, la gestion des repas suppose de l'organisation (faire les courses, éplucher, cuire..), du temps (anticiper, penser les menus, le temps et le moment de la confection et de la réflexion (équilibre et hygiène alimentaire, goûts de chacun, habitudes familiales, vigilance quant aux allergènes..). J'aime assez connaitre les habitudes alimentaires des parents et les comparer aux miennes afin de mesurer ce que j'apporte de nouveau ou de différent à l'enfant. Par conséquent, les parents employeurs m'ont majoritairement laissé cette occupation gastronomique, passé l'âge de un an de l'enfant. Je propose de rédiger un carnet des menus aux parents qui le souhaitent...toujours dans une démarche de transparence et surtout de continuité et de cohérence pour l'enfant. 

A Table, on ne trouve pas que ce que l'on mange...

- émotions, sentiments, ambiance

- âges, stades, compétences différents

- limites de l'assmat et des gribouilles

- omniprésence des parents...("maman fait pas comme ça", "papa met la bière dans le frigo!")

Oui, on va repérer les préférences et les dégoûts momentanés, les ras le bol alimentaires de chaque enfant. Il faudra réfléchir au menu pour que chacun y trouve son compte. Si j'ai un enfant sur quatre qui n'aime pas un aliment, je ne le ferais pas. Pourquoi? Parce- que c'est inutile de se mettre en difficulté face à l'enfant qui ne voudra pas en manger. C'est inutile de mettre l'enfant en difficulté ou face à du dégoût sur un temps de repas. C'est un moment de plaisir et d'échange. Je préfère mettre de la valeur à l'ambiance du repas qu'à ce qu'il y a dans l'assiette. Et cela n'empêche pas de faire des repas variés et équilibrés. Je ne veux pas participer à la construction d'une phobie alimentaire! Vous souvenez-vous de la langue de boeuf sauce tomates servie dans nos cantines il y a 30 ans? Moi, je n'ai jamais voulu revivre l'expérience d'en manger! Beark! Si un parent estime que son enfant doit manger un aliment particulier mais qu'un de mes gribouilles ne l'aime pas, je laisse aux parents le plaisir de le partager avec leur enfant de leur côté. Nous entendons les nutritionnistes dire qu'il faut présenter plusieurs fois un aliment à un enfant pour qu'il accepte d'y goûter et de l'apprécier, peut-être. Oui, d'accord. Je laisse ces conseils de nutritionnistes aux parents. Professionnellement, avec 4 gribouilles forts différents, qui ne sont pas les miens, je ne vais pas chercher les difficultés. Un repas peut vite tourner "au vinaigre", quand les enfants sont fatigués, affamés, contrariés et dégoûtés. 

Ce qui ressort souvent dans le discours des parents, c'est l'interêt de nos différences alimentaires. L'enfant goûte chez l'assmat des choses différentes de la maison, et c'est plutôt vécu comme un enrichissement. Donc je n'essaye absolument pas d'être la copie culinaire des parents. J'essaye juste de m'aligner sur des conduites communes ou de bon sens: pas de sel, pas de sucre ajouté, pas de graisses cuites, pas de féculents en excès.

De mon côté j'ai des choix alimentaires qui me sont personnels, de temps en temps j'échange avec les parents  pour jauger leur point de vue sur mon parti pris: peu de viande, plutôt du poisson, des purées plus fréquentes que les morceaux, un en-cas vers 10h pour ceux qui le souhaitent, de l'eau à portée de main, pas de fromage, pas de repas entrée-plat-laitage-dessert.

 

Durant les repas, il y a des enjeux nutritifs, affectifs, émotifs. (Je développe mon approche dans la chronique "Manger chez Lili 2"

 

 

Je pose uniquement les assiettes et cuillères sur la table. Ainsi, l'attention des enfants est sur ce qu'ils mangent, et non sur des abondances de choses qui attirent regards et pensées. Je ne sers le dessert qu'après le plat, afin de ne pas leur donner l'envie d'attaquer la partie gourmande avant la fin du plat. Cela permet de percevoir, quand on connait bien ses gribouilles, dans quelles proportions ils ont encore faim pour continuer sur les douceurs finales.

Manger avec les doigts... Je suis POUR !!! Pourquoi? Parce qu'une fois l'enfant devenu adulte, il est quasi évident qu'il aura intégré les codes pour manger avec sa fourchette au restaurant avec ses collaborateurs! Et si il voyage en Afrique, peut-être se souvienda-t-il de ce plaisir et de cette connaissance d'avoir déjà mangé avec ses doigts ! 

Avez-vous déjà essayé, vous adultes d'aujourd'hui? Moi je l'ai fait, plusieurs fois de suite, j'ai suggéré à ma famille de le faire avec moi, au dîner...pour savoir ce que cela procure, pour me souvenir. Cela donne de la connivence entre les membres autour de la table, on mange moins vite, on digère mieux, on rit de nous même car nous sortons de la bienséance qui étrique, le toucher ajoute une dimension nouvelle au repas, des sensations que nous avons perdues à cause de la fourchette.

Manger sur les genoux de Lili? Oui, parfois...je réponds à un besoin momentané. Et soyons rassurés, ça ne devient jamais une mauvaise habitude car l'enfant a une envie irrésistible de faire seul, passé un certain âge.

Aider Lili à la cuisine ? Oui, fréquemment avec les enfants, de 2 ans et plus. Cela permet de faire une activité sans en avoir l'air. Ce n'est pas préparé. L'enfant peut me rejoindre si il a envie et arrêter de la même manière. Il regarde, commente, épluche, coupe, mixe, lave les légumes, goûte, casse les oeufs, donne des miettes aux chats ou aux oiseaux, trempe les doigts dans la pâte à gâteau, râle parce-qu'il a les mains sales! Et réclame pour se mettre à table à 10h30 du matin!!

Mais sinon, tout va bien!

Les gribouilles sont des malins!

Même s'ils n'ont pas de morceau de pain,

ils auront pleins de câlins!

A demain matin!

(suite: "Manger chez Lili 2")

  

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